Les 10 arnaques au dépannage les plus courantes (et comment les éviter)
Une panne de voiture ou un accident sont des situations stressantes par nature. Bloqué sur le bord de la route, l’urgence de la situation vous rend vulnérable. Malheureusement, c’est précisément sur cette vulnérabilité que comptent certains dépanneurs peu scrupuleux.
Selon la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), le secteur du dépannage génère chaque année des milliers de plaintes. Entre tarifs exorbitants, réparations fictives et faux professionnels, les pièges sont nombreux. Savoir les identifier avant qu’il ne soit trop tard peut vous faire économiser des centaines, voire des milliers d’euros.
Voici les 10 arnaques les plus fréquentes dans le monde du remorquage et nos conseils d’experts pour garder le contrôle de la situation.
1. Le « dépanneur pirate » qui surgit de nulle part
C’est sans doute l’arnaque la plus redoutable, particulièrement fréquente sur les autoroutes ou le périphérique parisien. Vous venez de tomber en panne, vous n’avez appelé personne, et pourtant, une dépanneuse arrive « miraculeusement » quelques minutes plus tard.
Ces « dépanneurs pirates » écoutent illégalement les fréquences radio de la police ou utilisent des applications comme Waze pour repérer les véhicules en détresse avant les dépanneurs agréés. Une fois sur place, ils vous mettent la pression pour remorquer votre véhicule immédiatement.
La parade : Sur autoroute ou voie rapide, ne faites jamais confiance à un dépanneur que vous n’avez pas appelé via une borne orange d’appel d’urgence ou le 112. Seules les entreprises agréées ont le droit d’intervenir sur ces axes, avec des tarifs réglementés.
2. L’absence de devis écrit avant intervention
L’urgence n’excuse pas tout. Une technique classique consiste à commencer les manœuvres (attacher la voiture, la monter sur le plateau) sans jamais évoquer le prix. Une fois le véhicule chargé, vous êtes pied et poings liés, et le dépanneur vous annonce un tarif astronomique.
La loi est claire : le professionnel doit vous fournir un devis détaillé si le montant estimé dépasse 150 euros. De nombreux escrocs « oublient » cette étape ou restent flous sur le coût total jusqu’au moment de passer à la caisse.
3. Les frais cachés et le flou artistique
Vous avez convenu d’un prix pour le remorquage ? Attention aux lignes supplémentaires qui apparaissent sur la facture finale.
- Frais de dossier imaginaires : Une facturation pour « ouverture de dossier » ou « gestion administrative » sans fondement.
- Majoration kilométrique abusive : Le dépanneur prend volontairement un itinéraire plus long pour gonfler la note.
- Suppléments horaires : Facturer une intervention de nuit ou de week-end alors qu’il est 17h00 un mardi.
La parade : Exigez une facture détaillée poste par poste (main d’œuvre, forfait kilométrique, pièces). Refusez tout paiement global non justifié.
4. Le garage partenaire complice
L’arnaque ne s’arrête pas toujours au remorquage. Le dépanneur insiste lourdement pour emmener votre véhicule dans un garage spécifique qu’il « connaît bien », prétextant que le vôtre est fermé, trop loin, ou incompétent.
En réalité, il touche une commission pour apporter des « clients » à ce garage complice, qui vous facturera ensuite des réparations inutiles ou à des prix gonflés.
5. Le chantage au véhicule bloqué
C’est une pratique agressive et illégale. Une fois arrivé au dépôt ou au garage, le professionnel refuse de vous rendre votre véhicule tant que vous n’avez pas payé une somme contestable, souvent en espèces immédiates. C’est une prise d’otage de votre propriété.
Sachez que la rétention de véhicule est très encadrée par la loi et ne peut s’exercer que sous des conditions strictes, certainement pas pour vous forcer à payer une facture abusive sans devis préalable.
6. La réparation d’urgence forcée
Le dépanneur jette un coup d’œil sous le capot et vous annonce une catastrophe : « C’est l’alternateur, il faut le changer tout de suite sinon vous ne repartirez pas ». Il vous propose de faire la réparation sur le champ, souvent avec une pièce d’occasion facturée au prix du neuf, ou une pièce de mauvaise qualité.
L’objectif est de profiter de votre détresse pour réaliser une vente forcée de service. Prenez toujours le temps de la réflexion ou demandez un second avis si possible.
7. Le faux diagnostic de batterie
C’est un classique facile à mettre en œuvre. Votre voiture ne démarre plus ? Le dépanneur décrète immédiatement que la batterie est morte et vous en vend une nouvelle à un prix d’or (parfois 300 ou 400 euros).
Dans bien des cas, la batterie avait simplement besoin d’être rechargée ou les cosses étaient oxydées. Le dépanneur encaisse la marge sur la batterie neuve et récupère parfois votre ancienne batterie qui fonctionnait encore.
8. L’arnaque à la carte bancaire
Au moment de payer, le terminal de paiement électronique (TPE) du dépanneur affiche un montant différent de celui annoncé, ou il prétend que la transaction n’est pas passée pour vous faire payer deux fois.
Plus subtil encore : certains escrocs prétendent que leur TPE est en panne et exigent que vous les accompagniez à un distributeur automatique pour retirer du liquide. C’est un signal d’alerte absolu : un professionnel sérieux doit pouvoir accepter les paiements traçables (carte, chèque).
9. L’usurpation d’identité (Faux agréments)
Certains dépanneurs arborent des logos d’assurances connues (AXA, Allianz, MACIF…) ou des labels officiels (« Agréé Autoroute ») sur leur camion ou leur site web sans en avoir l’autorisation. Cela vise à vous mettre en confiance.
Vérifiez toujours auprès de votre assistance si le prestataire qui se présente est bien celui qu’ils ont mandaté. Demandez le nom de la société et comparez-le avec les informations reçues par SMS de votre assureur.
10. Les frais de gardiennage exorbitants
Votre véhicule a été remorqué dans un dépôt en attendant d’être réparé ou expertisé ? Attention aux frais de gardiennage (le « parking » journalier). Certains dépanneurs peu scrupuleux laissent traîner les choses volontairement, ne répondent pas au téléphone ou retardent le transfert vers un autre garage pour facturer un maximum de jours de stockage.
Votre check-list de survie en cas de panne
Pour ne pas devenir une victime, gardez la tête froide et suivez ces étapes :
- Sécurisez la zone : Mettez votre gilet jaune et placez le triangle de sécurité.
- Appelez votre assurance en premier : Utilisez le numéro figurant sur votre carte verte ou votre application d’assurance. C’est eux qui doivent mandater le dépanneur.
- Sur autoroute, utilisez les bornes : N’acceptez aucune aide spontanée. Marche jusqu’à la borne orange ou composez le 112.
- Vérifiez l’identité : À l’arrivée du dépanneur, demandez-lui pour quelle compagnie il travaille et vérifiez que cela correspond aux infos de votre assistance.
- Exigez un devis : Ne laissez personne toucher à votre voiture ou la charger sans avoir signé un document précisant le coût de l’intervention.
- Ne payez jamais en liquide sans reçu : Privilégiez toujours un moyen de paiement qui laisse une trace.
Ne vous laissez pas faire
Si vous pensez avoir été victime d’une arnaque, ne restez pas silencieux. Signalez immédiatement l’entreprise frauduleuse sur la plateforme SignalConso (un service public gratuit) et contactez la Direction départementale de la protection des populations (DDPP).
En restant vigilant et en connaissant vos droits, vous transformerez une panne stressante en un simple contretemps, sans y laisser votre portefeuille.
